Au fil des années, un réseau s’est développé afin de faciliter l’exportation des animaux, de leur milieu naturel et des élevages, jusqu’aux cages des laboratoires européens et américains. Parmi ce réseau, quelques multinationales spécialisées dans le transport, principalement des compagnies aériennes, participent à ce marché très lucratif.
Dernier voyage pour les animaux
Les animaux sont transportés pendant des dizaines d’heures avant d’arriver dans les laboratoires. Du fait que les transports coûtent des fortunes, on pourrait penser que ces primates sont bien traités. Il n’en est rien. Les animaux transportés sur de longues distances souffrent terriblement à cause du manque d’espace, de la ventilation inadéquate, des fluctuations de température et du manque d’eau et de nourriture. Certains n’arriveront pas vivants. Ces voyages très éprouvants sont accentués par les nombreuses étapes : route, air et mer. Ces animaux traumatisés ne reçoivent aucune attention ou geste d’empathie.
L’association américaine API (Animal Protection Institute) a rendu publics de nombreux cas rapportés de primates morts ou malades, à l’arrivée et pendant la quarantaine, parmi ceux importés aux USA entre le 1er octobre 1998 et le 30 septembre 1999. [1] Le nombre de cas exposés est sous-évalué, puisque les importateurs de primates ont censuré certains faits.
Compagnies aériennes et aéroports complices
Alors que de nombreuses compagnies aériennes ont pris la décision d’arrêter de transporter les primates, Air France profite sans remords de ce marché très juteux. Air France domine aujourd’hui le marché du transport aérien des primates vers l’Europe et les Etats-Unis, notamment depuis que de nombreuses compagnies aériennes ont cessé ce commerce. API révèle sur son site le nombre de primates importés par avion sur le territoire américain, pour la période allant de janvier 1999 à septembre 2000 [2]. On ne s’étonnera pas de retrouver Air France dans les premiers du classement ! Toujours selon API, parmi les 78 primates morts en 1999 au cours du voyage vers les Etats-Unis ou pendant la quarantaine, 10 provenaient d’un vol d’Air France, de l’Ile Maurice à Chicago. En 2000, Air France a transporté 2500 primates, dont 1400 capturés dans la nature, des Philippines et de l’Île Maurice vers les Etats-Unis.
Aux côtés de nombreuses associations de défense animale, Destination Enfer appelle Air France à cesser le transport des primates pour la recherche, et ainsi à ne plus être complice d’un marché qui provoque la misère et la souffrance de milliers d’animaux chaque année.
Rares sont les compagnies qui transportent encore des primates vers les laboratoires ou qui ne prennent pas position. Leur liste est disponible sur les sites de Gateway to Hell et BUAV
Sans la coopération des aéroports, ce commerce ne serait pas possible. Les dirigeants laissent prospérer ce marché et n’en voient que le côté lucratif, sans prendre en compte la souffrance des animaux et leur destin tragique.
Des compagnies aériennes cessent le transport des animaux
La grande majorité des compagnies aériennes ont déjà pris la décision de ne plus transporter d’animaux vers les laboratoires. Suite à la campagne Gateway to Hell, la compagnie Air Mauritius a pris, le 27 mai 2005, la décision de cesser tout transport de primates à destination des laboratoires. [3] La compagnie British Airways a fait savoir par courrier adressé à Gateway to Hell qu’elle refusait le transport des primates, oiseaux sauvages ou autres animaux vivants « pour une utilisation dans les laboratoires ou pour l’expérimentation ou l’exploitation ». |