L’expérimentation animale dans l’Union Européenne

Bien que la protection et le bien être animal figurent au rang des valeurs défendues par l’Union Européenne et que ses organes se soient régulièrement engagés à remplacer l’expérimentation animale, 11,5 millions d’animaux ont encore été sacrifiés en 2011. Le septième rapport de la Commission Européenne concernant le nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales et à d’autres fins scientifiques dans les Etats membres de l’Union Européenne a été rendu public le 5 décembre 2013 (accéder au rapport) [1]. Le principal résultat affiché est la baisse dérisoire du nombre d’animaux utilisés, avec un peu moins de 52 000 animaux épargnés en 2011, par rapport au total de 12 millions d’animaux sacrifiés en 2008.

La France reste le leader de la vivisection au sein de l’Union Européenne avec 2,2 millions d’animaux , suivie de près par l’Allemagne (2.07 millions) et le Royaume-Uni (2.05 millions). Cette répartition reste très similaire à celle de 2008, ces trois pays totalisant plus de la moitié des animaux sacrifiés au sein de l’Union Européenne.

Types d’espèces utilisées au sein de l’Union Européenne

Les souris sont de loin l’espèce plus utilisée dans l’Union Européenne (61%) suivies par les rats (14%). En comptabilisant également les lapins, cobayes, hamsters et autres rongeurs [2], tous les rongeurs confondus représentent 80% des animaux sacrifiés. Même si de baisses significatives ont été rapportées concernant l’utilisation de rats (500 000 animaux), de souris (aux alentours de 122 000) et de cobayes (environ 50 000), le nombre de lapins a fortement augmenté (plus de 25). La proportion totale de rongeurs utilisés reste néanmoins stable par rapport à celle des statistiques antérieures.

La deuxième catégorie principale est composée des animaux à sang froid (12,5%), c’est-à-dire des reptiles, amphibiens et poissions. L’augmentation de cette catégorie par rapport à 2008 est due essentiellement à la hausse du nombre de poissions utilisés (+ 310 307).

Viennent ensuite les oiseaux (5,9 %) dont le nombre total a diminué pour la première fois, avec 88 000 individus épargnés [3].

Le quatrième groupe, avec 1,2% du total, inclut les artiodactyles (autrement dit les porcins, les caprins, les ovins et les bovins) et les périssodactyles (les chevaux, les ânes et les croisements). Cette proportion, comme pour la première catégorie des rongeurs, reste stable avec toutefois une augmentation des chevaux, ânes et croisement utilisés (plus de 700 animaux).

Les carnivores, dont les chats et les chiens, totalisent 0,25% des animaux utilisés. La catégorie des « autres carnivores », autrement dit les espèces sauvages comme les renards, blaireaux, phoques, loutres et putois, est cependant en augmentation (avec une hausse de plus de 2 000 individus).

Les primates non humains représentent 0,05% des animaux utilisés en 2011, et une forte diminution de toutes les catégories de primates a été rapportée. L’utilisation de prosimiens a diminué de 94% (1178 individus), celle des singes du Nouveau Monde de 22,5% (700 individus) et enfin celle des singes de l’Ancien Monde de 28% (5312 individus). S’il est notable qu’aucune expérience n’a été réalisée sur des signes anthropoïdes depuis 1999, il convient de souligner que 6095 primates ont encore été utilisés dans les laboratoires de l’Union Européenne en 2011. De plus, une partie significative de ces singes, notamment ceux de l’Ancien Monde (34%) provient de centres de reproductions situés hors de l’Union Européenne, alimentant le trafic international de capture et de détention des singes sauvages. En savoir plus

Enfin, les autres mammifères comprenant sangliers, chauve-souris et musaraignes, lamas, taupes, bisons d’Europe et cerfs, ne représentent d’une partie infime des animaux utilisés, mais cette catégorie est une augmentation également (avec une hausse de plus de 2 000 individus).

Les objectifs des expérimentations menées

La recherche fondamentale en biologie et la recherche et le développement en médecine humaine, animale et dentisterie sont de loin les secteurs qui utilisent le plus grand nombre d’animaux, avec près de deux tiers du total. L’évolution la plus inquiétante concerne le nombre d’animaux utilisés pour les études de biologie fondamentale qui s’est considérablement accru (plus de 700 000 animaux), faisant grimper le pourcentage total de 38% en 2008 à 46% en 2011. Cela est dû notamment à l’augmentation importante des souris (environ 500 000) et des poissons (plus de 300 000) . En revanche le nombre d’animaux utilisés à des fins de recherche et de développement pour la médecine humaine, animale et dentisterie a chuté, ramenant le pourcentage de 22,8 % à 18,8 % (baisse de plus de 500 000 animaux).

La seconde branche majeure requérant l’utilisation d’animaux à des fins expérimentales est la production et le contrôle de qualité en médecine humaine, vétérinaire et dentisterie (13,9 %). Malgré une diminution globale (un peu moins de 200 000 animaux), l’utilisation des lapins a augmenté dans ce domaine (plus de 81 000 animaux). La plupart des animaux (47 %) sont utilisés pour satisfaire simultanément les exigences de plusieurs actes législatifs émanant de l’Union Européenne (35,9%), du Conseil de l’Europe, de législations nationales et de législations hors Union. Il serait donc possible de réduire une proportion considérable des expériences pratiquées sur les animaux en changeant les législations européennes et nationales ; et il est à la portée de chaque citoyen d’écrire à ses députés nationaux et européens afin de demander l’abolition de la vivisection.

Le troisième groupe d’expériences couvre les essais toxicologiques et autres évaluations de sécurité. Si l’ensemble de cette catégorie ne représente que 8,75% du nombre total, il convient de garder à l’esprit que cela représente plus d’un million d’animaux sacrifiés lors d’expériences cruelles et douloureuses. En effet le pourcentage le plus élevé d’animaux utilisés (47,5%) correspond aux tests de toxicité aiguë et subaiguë. Sur les quatre derniers rapports, la proportion d’animaux utilisés pour ces essais n’a cessé d’augmenter, passant respectivement de 36 % à 42 %, puis à 45 % et enfin à 47,5 % (soit une hausse de 8 400 animaux par rapport à 2008). De plus, une augmentation substantielle (54%) a été répertoriée (plus de 120 000 animaux) pour les essais à des fins d’autres évaluations toxicologiques ou de sécurité, c’est-à-dire pour les études du métabolisme et les recherches précliniques, les essais sur des substances et des produits destinés à la médecine humaine et vétérinaire et les études de tératologie [4]. Le nombre d’animaux utilisés pour les essais de toxicité pour la reproduction a également progressé de 9 % en à 11,35 % en 2011 (un peu moins de 20 000 individus).

Enfin, les autres objectifs d’expérimentation représentent 9 % du nombre total des animaux et couvrent un large éventail d’utilisations, telles que la virologie, l’immunologie, la recherche et le développement pharmaceutiques, les essais d’associations de médicaments ou encore la génétique. Il faut également souligner l’augmentation de l’utilisation de poissons (plus de 80 000) et d’oiseaux (plus de 10 000) dans le cadre de ces expériences.

Tous objectifs confondus, le nombre d’animaux utilisés en 2011 pour l’étude de maladies humaines représente plus de la moitié (51,75%) du nombre total d’animaux utilisés à des fins expérimentales. Il est important de noter qu’il y a eu une augmentation nette de plus de 115 000 animaux utilisés pour les études sur les maladies cardiovasculaires, et de plus de 250 000 pour les études sur les cancers humains. Par rapport à 2008, des augmentations ont été constatées pour les chiens (plus de 1 000 individus), pour d’autres carnivores (environ 500 individus), pour d’autres mammifères (environ 300 individus), et pour d’autres oiseaux (plus de 2 500 individus). Sachant que le modèle animal ne saurait constituer un modèle biologique fiable pour l’Homme, il est aberrant et affligeant de constater de 6 millions d’animaux soient encore sacrifiés chaque année dans le cadre de recherches sur les maladies humaines. En savoir plus


[1Ce rapport collecte les données pour les 27 Etats Membres pour l’année 2011 conformément à la Directive 86/609/CEE. Elle a été a été remplacée depuis le 1er janvier 2013 par la Directive 2010/63/UE, qui constituera le cadre réglementaire lors des collectes de données pour les prochains rapports.

[2Gerbilles, gerboises, chinchillas, castors, spermophiles, hamsters, hamsters migrateurs et différentes espèces de souris.

[3dont 85 000 dans la catégorie autres oiseaux qui comprend principalement cailles du Japon et colins de Virginie, espèces de volaille, diamants mandarins, canaris, perruches, perroquets et espèces aviaires d’élevage telles que les poulets.

[4La tératologie est la science qui traite des anomalies et des malformations liées à une perturbation du développement de l’embryon ou du foetus.




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